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Ecriture >> Shadow book -> lire entre les lignes
Carnet de bord : Je me souviens…
Le secret de Philippe Grimbert

Il y a quelques mois, je fus conviée à une rencontre avec Philippe Grimbert pour le magazine DS. Cela se passait dans le salon feutré d'un hôtel de Saint-Germain-des-Prés. Je ne le connaissais pas, j'avais lu, en hâte, son livre "La petite robe de Paul", un thème singulier pour traiter d'un sujet intime. Cela me fit penser à Moravia. Lui aussi avait lu mon essai sur la condition féminine à travers l'Histoire. J'étais impressionnée, un peu anxieuse.
Je découvris un monsieur charmant qui devina mon anxiété. Il fit tout pour me mettre à l'aise, plus rompue que moi à ce genre d'exercices.
Il me parla avec enthousiasme de son livre "Un secret" qui allait être adapté au cinéma par Claude Miller avec Patrick Bruel. Cela lui paraissait tellement incroyable qu'il en parlait comme si c'était un rêve.
Aujourd'hui, quand je vois le film exister, l'accueil qu'il reçoit, je repense à cet après-midi où j'avais vu briller dans ses yeux l'éclat du gamin qu'il fut, "en secret".


Carnet de bord : Temps: je n'ai pas d'emploi pour vous!

Je relis les secrets d'Elisabeth George, son passage sur son emploi du temps d'écrivain. Lever à 6h30, 30 mn de vélo, 35 de musculation, lecture de classiques, mise en route du travail de son assistante, etc. Elle est à son ordinateur vers 8h30 9h! Quand je le lis, je trouve ça formidable, je me dis qu'elle a raison, d'ailleurs, elle préconise de "vivre selon un planning qui ménage du temps pour écrire".
Voilà exactement que je ne fais pas, ce que je n'arrive pas à faire. J'écris quand je peux, j'attrape le temps par surprise.
Ecrire est un mystère pour ceux qui n'écrivent pas, pas seulement par l'imagination, l'organisation des mots et des idées, mais aussi par ce mystère-là: cette recherche du temps. Comme si l'écriture touchait à une des énigmes de l'humanité : celle de son rapport à sa temporalité.
Je maîtriserai mon temps quand j'aurai pris la mesure de ma fin. C'est tout le paradoxe de l'être humain: il se croit immortel mais ne peut imaginer l'infini, en aucune manière.
Carnet de bord : Doutes

Ecrire, c'est réécrire. Me voilà confrontée à cette dure réalité. Ma danseuse s'épuise entre mes lignes. Quel chemin choisir pour elle? Hier, M. a longuement défendu l'idée d'un roman poétique, non d'un roman historique. Il est vrai que, tel qu'il est aujourd'hui, c'est un bâtard. Entre-deux. Je suis pétrie de doutes. Manque de confiance. L'impression que la poésie du romanesque ne se suffira pas à elle-même. S'y replonger, en apnée, les yeux ouverts.

En vérité, je n'ai pas fait comme E.G. le préconise: proposer une lecture "guidée" par mes propres questionnements. Sans doute étaient-ils trop nombreux, prenaient-ils trop de place dans ma tête pour laisser un passage à ma parole… Et voilà, maintenant, je me retrouve avec ses certitudes et mes doutes.

Cela me rend malade. Physiquement. Ce matin, je me suis réveillée avec une nausée, des hoquets, comme lorsque j'étais enceinte.

Et tout le quotidien, la vie qu'il faut vivre malgré tout, en déçà des mots.

Carnet de bord : La fin de l'état (d'esprit) providence?

Après guerre, la France a expérimenté une nouvelle devise: "Liberté, égalité, solidarité" . Il s'agissait d'un transfert de ceux qui ont vers ceux qui n'ont pas: ceux qui ont un travail payent pour ceux qui n'en ont pas (les allocations chômage), ceux qui ont la santé payent pour ceux qui ne l'ont pas (prise en charge des soins), ceux qui ont la jeunesse payent pour ceux qui ne l'ont plus (la retraite), etc.

Soixante ans après, nous entrons dans une nouvelle ère, dictée par les impératifs démographiques, économiques, idéologiques. Il importe d'en prendre conscience, d'en mesurer les conséquences, de s'y préparer. Reviendrons-nous vers le système d'antan? Quand il fallait économiser pour ses vieux jours, comme pour les coups durs. Sans doute pas tout à fait dans une société où règne le crédit en maître. Les vrais puissants, ce sont les banques qui font et défont les hommes, les pays, les espoirs.

Merci à Hélène Duffau pour son clin d'oeil lors du Marathon des Mots de Toulouse !

Carnet de bord : Livres livrés

Mon nouveau livre: "La libération de la femme, une parenthèse dans l'Histoire".

Sortir un livre, c'est comme un rendez-vous amoureux. On s'est préparé, on a le coeur qui bat plus fort, on espère que l'étincelle se produira, la rencontre entre les lignes. Il y a le bonheur de ce moment magique où tous les espoirs sont permis.

"Elle magazine" publie l'interview de Michel Schneider, auteur de "Marylin, dernières séances". Michel Schneider publie "La confusion des genres", plaidoyer pour une réhabilitation des genres. En particulier, il s'élève contre la stigmatisation du désir masculin. Or, il est indéniable qu'une certaine forme de désir masculin est fondée sur la violence, ou plutôt sur la volonté de puissance et de contrôle de l'autre. Oui à la réhabilitation des genres, mais dans un respect réciproque. Pourquoi les femmes devraient-elles accepter comme une fatalité cette violence-là? Devraient-elles s'en accommoder?

Entre les hommes et les femmes, jamais il ne fut plus vrai que la liberté de chacun s'arrête où commence celle de l'autre.

Carnet de bord : Femmes libérées
Voyage au cœur de l'écriture.

Dès la parution de mon livre, je mettrai en ligne mon carnet de bord qui a accompagné toute mon écriture, la genèse du livre, etc.


© 2001-2007 Muriel Romana